états d'âmes

Lettre à toi, la fleuriste, à la veille de la Saint-Valentin.

14 février 2017
fleuriste

À l’aube de la Saint-Valentin, ce message est pour tous ceux qui travailleront très très fort, dans les prochaines heures, pour faire plaisir à des milliers d’amoureux.

À toi, qui as dû sacrifier tous ces 14 février où tu aurais pu souligner ton célibat en te bourrant la fraise de Doritos trempés dans la crème glacée Napolitaine, de vins & en pleurant devant des films mettant en vedette Ryan Gosling. C’est également pour toi, qui as dû faire un gros X sur les escapades en amoureux, les gros soupers romantiques & surtout, mais surtout les soirées olé olé. Sérieusement, le vêtement le plus sexy que je vais considérer enfiler un 14 février en soirée risque fortement de ressembler à un pyjama deux pièces en fanelette. Je te vois, simple mortel, croire que j’exagère un brin, c’est aussi ce que ma douce moitié a cru quand est venu temps de planifier notre première Saint-Valentin. Je te jure que, lorsqu’il a vu la face que j’avais lorsque j’ai mis les pieds à la maison, il a troqué sa playlist de Barry White et son champagne pour un verre de bourbon et mon pyjama préféré. Faut croire qu’il s’y soit fait parce que l’année suivante c’est en écoutant le plus léger des films, une pizza à la bouche, qu’il m’a offert une jolie bague et le reste de sa vie. Ça n’avait absolument rien d’un conte de fées, mais c’était parfait.

Ce message est aussi pour toi qui dois incessamment expliquer pourquoi tu n’as simplement pas le temps ou l’énergie d’entretenir une vie sociale l’espace de quelques jours. Parce que personne ne semble vraiment saisir l’ampleur d’une Saint-Valentin chez le fleuriste. C’est certain que ça doit être plus abstrait 5300 roses quand tu n’as pas eu à les déballer, épiner & couper. Mine de rien, ça demande beaucoup de préparation la journée des amoureux, ça ne se limite vraiment pas à la journée du 14 février.

Peut-être que, tout comme moi, tu éprouves aussi de la compassion pour le père Noël chaque fois que le temps des fêtes arrive. J’admire tout le dévouement et le travail acharné de cet homme les semaines précédant Noël. Tout ça pour que tous les enfants soient comblés de bonheur le 25 décembre au matin. Je considère que nous, les fleuristes, nous sommes à notre façon le vieux monsieur barbu de la Saint-Valentin, de vrais travailleurs de l’ombre. Je peux affirmer fièrement qu’il y a plusieurs bébés d’octobre qui me doivent la vie, ça vaut bien tous les pieds enflés et les sécateurs désaffutés du monde.
Donc à toi qui fonces tout droit vers la plus grosse journée de l’année, je pense à toi. Ça vaut la peine de se rappeler que l’on fait le plus beau métier du monde et qu’on a toute une chance de pouvoir vivre de ce que l’on aime. Dans les prochains jours, on va avoir la chance de partager cette passion avec des centaines de personnes. Profite de ces maux de dos causés par toutes ces fois où tu te pencheras pour ramasser le feuillage sur le sol et de ces journées qui commenceront trop tôt et qui finiront trop tard, ça n’arrive qu’une fois par année. Surtout, n’oublie pas de manger un petit quelque chose et de prendre une gorgée d’eau de temps à autre, tu es sans doute plus utile sur tes deux jambes. Bonne Saint-Valentin!

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1 Comment

  • Reply isabelle 14 février 2017 at 3 h 11 min

    J’adore ce post Justine. Très réaliste et imagé et tellement senti. Merci de rendre notre réalité si crédible et de trouver une façon de le communiquer. Bravo!!!

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